
. . C R O I S E
E D E S C H E M I N S
.
SITES LES PLUS FREQUENTES:
http://cmoreldesarcus.free.fr
http://www.editionshenry.com/index.php?id_article=117
http://membres.lycos.fr/moreldesarcus/
Pour les autres sites, aller sur Yahoo ou Google et taper "CHRISTIAN MOREL DE SARCUS".
ACTUALITES 2008:
. "SOUFRE" a été présenté au Salon du LIvre, Porte de Versailles, en Mars, et au Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, juste avant l'été.
. "POESIE EN PROCES " a été représenté deux mois, de Février à Avril, au Petit théâtre du Bonheur, 6, rue Drevet , au pied du Sacré-Coeur, avec Marie Moes et moi-même
(programmation figurant dans Pariscope (voir liste des spectacles, "Poésie en procès") Evénement du Printemps des poètes (voir agenda poétique) et Figaroscope (taper "Poésie en
procès" sur Google)
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POESIE EN PROCES
Evénement
du Printemps des Poètes 2008
Pièce-lecture
de Christian Morel de Sarcus
avec
Christian Morel de Sarcus et Marie Moes
Poésie, justice, sanction...le poëte n'est-il pas le coupable idéal ?
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.TOURNEE DE "POESIE EN PROCES" DU 2 MAI AU 9 NOVEMBRE 2008.
PROGRAMME:
A l'Etranger:
Le 20 Mai: Varsovie.
Le 22 Mai: Budapest.
Le 23 Mai Prague.
Le 25 Mai: Belgrade.
Le 26 Mai: Sophia.
Le 28 Mai: Athènes.
Le 30 Mai: Istamboul.
Le 2 Juin: Venise
Le 3 Juin: Genève (soirée privée)
En France:
Le 2 Mai: Normandie - Dieppe (Mme Boré - Villa des Capucins. Avec le poëte G. Goutay)
Le 18 Juin: Provence-Alpes-Côte d'Azur - Saint-Tropez (soirée privée)
Le 13 Juillet: Centre - Châteauroux (soirée privée)
Le 4 Septembre: Paris (soirée privée)
Le 9 Novembre: Nord-Pas-de-Calais - Le Touquet / Berck-sur-Mer (voir plus bas)
LA RENTREE 2008/2009:
. Deux pièces, montées cette saison, l'une en ce moment, l'autre, début 2009.
. Sortie du recueil de nouvelles confirmée pour l'hiver 2008/2009.
. Projet de réédition d'"Une année à Berck" (avec illustrations) en cours.
. La sortie du nouveau roman, objet de scandale, est toujours différée à l'approche de l'automne...
"LE MASCULIN L'EMPORTE" fait donc l'objet d'une adaptation théâtrale cet automne.
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LE MASCULIN L'EMPORTE - ERMENONVILLE 3 MARS 1974
Pièce-lecture adaptée du roman "Le masculin
l'emporte" de Christian Morel de Sarcus.
Mise en scène: Marie Ordinis. Décoration théâtrale:
Katharina von Saalfeld.
Avec Caroline Rabaliatti, Marie Moes et Myrna Tanatos.
Une femme recherchant son père, des hommes énigmatiques, la catastrophe aérienne d'Ermenonville: La Mort est du voyage.
ACTUELLEMENT A L'AFFICHE.
LES MERCREDIS, à 20h00 très précises.
DERNIERE: le 3 Décembre.
TARIF UNIQUE: 15 euros - LOCATION: 06 07 46 69 68.
PETIT THEATRE DU BONHEUR, 6, rue DREVET, PARIS XVIIIème. Métro: ABBESSES.
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SOIREE D'HOMMAGE, SALON DU LIVRE DU TOUQUET PARIS-PLAGE:
. Séances de dédicace au Salon du Livre du Touquet-Paris-Plage, au Palais de l'Europe du Touquet, les 9 et 10 Novembre 2008 (étal des Editions Henry)
. Une soirée d'hommage a été programmée le Dimanche 9 Novembre 2008, à 20h00, dans la Salle de marine du Musée Opale-sud: représentation de "Procès en poésie", avec Annie Magnier
(DERNIERE ETAPE de la tournée commencée en Mai) et impromptu poétique.
LES LIVRES:
(ceux marqués d'un astérisque sont épuisés. Pour se les procurer, voir ci-dessous)
ROMANS:
. "Ici-bas" (*) Editions de l'Europe, Académie europ. du livre 1993.
. "Une année à Berck (*) Editions P.P.P. 1997. Réédition annoncée prochainement.
. "Déluges", Editions Henry, 2004, Prix du roman Renaissance 2005.
. "Le masculin l'emporte", Editions Elkrief, sélection Fnac, 2006.
."L'autre joug" (à paraître)
POESIE:
."Pluie de cendres" Editions Henry, 1995.
."Les ombres portées" (*) Editions M.d.s., 1996.
."Autoportraits", avec Michel Butor, Editions EDP/Belles lettres, 2005.
."Soufre", Editions Henry, Evénement du Printemps des poëtes 2008.
NOUVELLES:
."Les dix justes", Editions Henry, hiver 2008/2009.
THEATRE:
. "Théâtre 1 - Procès en poésie et Divorcer tue", Editions de l'Harmattan, hiver 2008/2009.
La librairie "Tschann", sise au 125 boulevard du Montparnasse, M° Montparnasse, dispose en permanence de la quasi-totalité de mes livres (c'est elle, également, qui est chargée du carré des
Editeurs de Paris-Ile-de-France au Salon du Livre)
. "Déluges", "Soufre" et "Les Dix justes" (sortie hiver 2008/2009) Editions Henry, sont disponibles, sur commande, chez tous les libraires et par Internet.
. "Ici-bas", "Une année à Berck", tous deux épuisés, le dernier devant être réédité, sont disponibles contre envoi d'un chèque de 20 euros (frais de port inclus) à l'ordre de "Christian Morel de
Sarcus" avec nom et adresse.
Pour "Pluie de cendres", envoi d'un chèque de 10 euros (frais de port inclus) Le recueil "Les ombres portées" n'est pas actuellement disponible.
Pour coordonnées et autres demandes, envoyez-moi un courriel à: christian_morel_de_sarcus @ voila.fr
SITUATION DE FAMILLE:
Depuis quatre ans maintenant, je suis séparé de mes quatre enfants complétement. L'histoire commence à être connue et les choses bougent. L'enquête autour de l'incendie criminel de "La
Commanderie", la maison familiale de Berck, continue...Mais je ne sais si les lettres envoyées aux enfants tout au long de l'année leur parviennent. La banquise de la partie adverse s'est fermée
sur eux mais le printemps approche, et il y a dans leur coeur des brise-glaces redoutables: ce sont mes enfants, et je le sais. Des amis les voient régulièrement et me rassurent. On n'a pas
réussi à les blesser mortellement. Ils me détestent viscéralement mais comment pourrait-il en être autrement avec la propagande assénée ? Face à cela, je ne connais aucune haine, à
peine du mépris, plus guère de dégoût. Je me souviens même de celle qui les mit au monde, jadis, pleine de bonnes intentions, avec, parfois, étrangement, de l'amour. Tout ceci porte un
nom, naufrage, Qu'il y a t-il à haïr ?
Ah, oui, je pourrais les voir, une fois par mois, dans un centre, comme un criminel. C'est non. Le rien vaut mieux que le peu, surtout ce peu. Pensez-y, messieurs les pères.
Dernière précision: je suis CONTRE le divorce. Mes ennuis viennent de là. Mais je crois que vous aurez l'occasion d'en entendre reparler.
PARENTHESE FERMEE.
SITUATION MILITAIRE:
En guerre, naturellement.
FUTILITES ET GRAVITES:
Revu Caroline Gauthier, toujours aussi fascinante.
Journée de répétitions avec mes comédiennes et le metteur en scène. Dimanche de tempête et de vent.
Appel de G. "la bonne dame de Dieppe". Nous parlons de cette soirée qui a marqué le début de la Tournée de "Poésie en procès", au moment où celle-ci va s'achever bientôt. J'écrirai un jour sur ce
moment.
Malaise à l'Institut hongrois. Je suffoque. Le moment critique de l'année approche. "Un mois à croix de bois". Alors, organes, on continue ?
Psychodrame. Journée de riens. Etres de sable et de vent. J'observe en baîllant, la tête sur le coude.
Dans le Nord et en Angleterre.
Au Grand-Hôtel du Touquet, je retrouve le salon vert où nous avions donné un déjeuner pour le baptême de Blanche. Ennuyeuse rencontre "littéraire" autour d'un professeur au langage relâché et de
jeunes gens qui ne savent pas lire à deux classes du baccalauréat. Combien je n'ai jamais regretté de ne pas m'être abîmé dans l'enseignement.! Et pourtant cette heure pénible m'insuffle la
nostalgie de l'école et des mes maîtres.
Amical repas devant la mer pour préparer la représentation de "Procès".
Tous ces jours, j'ai songé à l'être aimé. Pourquoi ? L'adieu avait le bruit sec d'une hache. Pauvre de moi: je ne me remets jamais de rien. "Les écrivains sont des petites choses fragiles, qui
peuvent se briser" disait Le Clézio il y a peu dans je ne sais quel micro.
Le fils Depardieu est mort. Destin rimbaldien. La mort l'a emporté en trois jours, ces fameux trois jours de la pneumonie, que je connais si bien. Une seule chose est certaine: je prononcerai, à
cet instant, les trois syllabes de mon impossible amour. Mais Dieu, dans son infinie bonté, ne m'en laissera peut-être pas le temps.
Toutes ces lignes sont à la limite du ridicule. Oh, certainement.
La bourse remonte: voici du sérieux.
Douce journée, avec une charmante personne. Parenthèse entre boue et nuit.
Dîner à Saint-Cloud, sur les hauteurs. Dans une villa anglo-normande, avec oriels, comme arrivée du Touquet par une tornade et posée là, dans un bois. Magie d'Oz.
Répétitions, le soir, avec les comédiennes. Seul mâle. Ne manquent que les tabourets et le fouet.
Si la bourgeoisie actuelle pouvait liquider les pauvres, elle le ferait.
(A ce sujet, la mère de l'avortement, ancien ministre, est "invitée d'honneur" à je ne sais quel raout culturel. Ces fautes de frappe! N au lieu du r..)
Un des grands regrets de ma vie aura été de ne pas partager mon combat contre l'avortement avec des gens de gauche. La gauche s'est fait piéger. Ses référence actuelles sont celles du camp
adverse. La légalisation de ce crime a été votée par une assemblée de notables, soulagée de faire disparaître les traces de ses coucheries. Et tous les enfançons de 68 sont devenus des libéraux
pro-américains. Moralité ? Garder intactes les intuitions de son dégoût. Avoir des ennemis (les miens, très identifiables, cherchent à m'écraser sur les passages cloutés avec leur quatre-quatre
noir) Passer pour un peu demeuré (Que ma joie demeure) Cultiver le médiéval qui sommeille. Appeler les ancêtres à la rescousse. Etre digne de la lignée, et des gueux qui nous ont fait.
Tiens, ce matin, j'ai poli mon poteau d'exécution.
Souper à Neuilly chez Madame von W...
Encore des répétitions, avec mes femmes. Entre-temps, tartufferies et glissades, bassesses en tous genres, toujours du même côté. Bien sûr, cela me conforte mais...
Cette mesquinerie, cette abominable recherche du bonheur qui annonce les pires assèchements de l'âme (surtout chez un artiste) ce manque de foi, auprès desquels les raz-de-marée, les épidémies,
l'incendie paraissent de dérisoires péripéties...
Mon nouvel éditeur débarqué, ou jeté à l'eau, un ami poussé au mariage (Molière, toujours) un autre ruiné par le krach (je n'ai pas les moyens d'être ruiné, hélas) quelle journée!
Colloque d'écrivains à l'hôtel de Massa. J'aime cette maison et l'atmosphère bienveillante qui me repose. Bonne tenue des débats jusqu'à ce qu'une dame -retraitée de l'enseignement- s'englue dans
les niaiseries du féminisme. Je la reconnais. Elle racontait les mêmes calembredaines au Comité de soutien de Ségolène Royal, qui perdit probablement à force de répéter qu'elle était une femme
(ce que l'on avait compris, et pas une femme ordinaire) L'abominable George Sand, écrivain correct et parfois mieux, a beaucoup gâté l'esprit des Françaises. Madame de La Fayette l'eût étranglée
et jetée à la voirie: le corset le plus blessant n'est-il pas celui de la pensée ?
Toutefois, je peux comprendre la souffrance qui engendre le féminisme, ennemi de l'injustice et des mufles. Comme celle des pauvres, qui mène au communisme. Hélas, c'est l'ossuaire au bout de ces
sentiers.
Ah, survoler la vie en ballon dirigeable!
Répétitions au théâtre.
Le soir, inauguration d'Art-Elysée, en belle compagnie.
Vers huit heures, dans une allée, je glisse à l'oreille de la belle:
"Regarde, droit devant nous, c'est "l'Autre joug."
(En effet, il est au bras de sa future femme)
- Il va te voir, murmure B...
-Non, il est heureux. Il ne voit rien.
Nous nous croisons. Il ne feint pas de ne pas me voir. Il ne me voit pas.
Elle veut commenter, dire des choses qui ne me plairont pas. Je lui intime le silence:
- Mon affection, éternelle, repose sur ma foi en lui. Indicible et sacré est ce lien invivable. Mort, je ne serai pas vraiment mort s'il vit.
-S'il savait.
-Il sait et il vit.
Puis nous rions, buvons du champagne et regardons des oeuvres d'art.
Plus tard, je rejoins la petite fée et nous allons au "Paradise".
Grande solitude au milieu des autres. Excellent pour l'écriture.
Ce matin, la petite fée ne voit plus. Terrible angoisse. Elle est conduite aux Quinze-vingt. Un médecin criminel lui a abîmé la cornée la veille, lors d'un examen raté (probablement un conducteur
de quatre-quatre) Le soir, j'apprends que les choses rentrent dans l'ordre. Pensé à elle toute la journée. Pauvre, pauvre petite fée!
La petite fée voit de nouveau. Elle est retournée chez son mari. Quant à moi, j'affronte certains fantômes du passé.
A propos de fantômes, j'apprends que l'annonce de ma mort circule. Il faudra bien que je m'exécute.
Oh, non, l'automne est si beau!
Mon éditeur, au téléphone. On me gourmande de n'avoir pas appelé plus tôt. Comme d'habitude, les uns adorent "L'Autre joug", les autres détestent. Le modèle faisait plus l'unanimité.
Je suis un crocodile; pour mes ennemis, sur la berge, pas même un morceau de bois qui flotte, pas même un reflet de la rivière boueuse. Mais nous passerons encore un moment ensemble.
Rieur soleil, feuilles tournoyantes, jeunes filles troublées, mon coeur est léger et la bonté m'inonde...
Le mal ne m'a jamais convaincu.
Une effroyable "Comtesse d'Escarbagnas" (un vrai nom du Sud-ouest) Certes, Molière n'est pas une religion (excepté pour les comédiens du Français) et même, fort souvent, se vautre dans
l'esprit le plus plat et du plus plat bourgeois...tiens, voila que je donne dans le petit marquis! Mauvais spectacle et bon dîner, vaut-ce mieux que l'inverse ?
La Mort, endormie dans mon fauteuil, pauvre vieille lasse de m'attendre et accablée par la surcharge de travail à venir.
Au théâtre, pour une lecture théâtrale du "Masculin". Puis dîner "chez Jojo", à Montmartre.
Grand froid. La Toussaint est là. La confusion entre la fête de tous les Saints et le jour des Morts demeure, imbécile et répandue.
Evidemment, le Père-Lachaise est une extrême simplification. Tout ce qui me hérisse.
Donc, vivre.
Alors, quoi de neuf ? Retrouvailles avec une vieille connaissance...Ah oui, l'autre soir, lors d'un dîner, un magicien, assez habile, officie dans le restaurant. De retour chez moi, je découvre
que je n'ai plus mon porte-cartes (tout ce qui fait d'un homme un rien dans cette pochette) Le magicien ? La situation est cocasse et je découvre, en même temps, l'étendue du désastre
administratif et social. Je consulte. Les amis penchent pour le magicien. D'autres sous-entendent que je n'en ferai jamais d'autre. Ces écrivains!
Je fouille et refouille. On me demande de me souvenir de toutes les rencontres avec des romanichels. Je ne vois pas. L'un chantait horriblement dans le wagon du métropolitain mais n'agressait que
nos nerfs et pas nos poches. Je suis perdu, gâteux, dépouillé, nu, discrédité, décrédité.
Et les amis d'évoquer toutes les possibilités d'escroquerie, avec mes cartes. Pour mon bien!
Je suis en train d'acheter une concession au Pérou, par Internet, de me faire soigner à Marseille, d'éventrer une prostituée à Barcelone, avec ma carte d'abonné de l'Opéra de Paris abandonnée
dans ses viscères!
Ah, cauchemars! Ma chère pochette, pourquoi m'as tu quitté ?
Au matin, appel de mon éditeur. Une dame du Louvre a ramassé mon bien et j'ai rendez-vous pour remise à la Porte des Lions!
Tout cela, authentique et tellement littéraire...
Ma bonne dame du Louvre est charmante. Elle me reçoit dans un bureau clair, donnant sur le jardin des Tuileries.
C'est son fils qui a trouvé la pochette, sur le chemin de fer de Ceinture. Remerciements, bafouillages...Puis elle me remet un laissez-passer pour une de ses expositions. Délicieux moment.
L'après-midi, répétitions. Dîner complice où j'attrape froid. Nuit de brouillard.
Je rassemble mes pots pour mes visites mortuaires de demain.
Un domestique à brouette me suivant, je vais tordre mes vernis sur les pavés disjoints, respirant la mort par les narines. Puis je disposerai les fleurs sur les ventres de granit. Demain, jour
des Morts.
Je relis les lignes ci-dessus. Finalement, je suis allé hier dans les cimetières. Puis, au théâtre, voir une ineptie au "Lucernaire". Enfin à dîner en bonne compagnie, chez l'exquise Madame de
B...qui nous joue du Chopin.
Acheté une petite fleur pour ma pauvre femme. Un corbeau la picore. Hou, sale bête!
"Disparue en mère". De profondis. Et, parfois, les mauvais jours: Deo gratias.
Dominique Berthet est mort. Le petite fée pleure. J'ai écrit un message pour la belle C. que j'aime secrétement.
Déjeuner dominical à la "Banquise". Incroyable défilé de cacochymes. A croire que les morts, en leur jour, peuvent banqueter! La petite fée n'a pas le coeur d'aller au théâtre.
Dernière de "Bergère...toujours ?" le spectacle de Jaques Dutoit. Puis une soirée avec la soprane Françoise Pons, son musicien ukrainien et toute la troupe.
Chez Maxim. J'aime cette vénérable maison. On y vénère ce soir... la belle Otéro! "Hommage à une ancienne cliente...qui ne payait jamais! " Le mot fait rire une dame. Mais des lèvres
piquées se tordent: je porte atteinte au vieux commerce. Puis chez la fille de Tadzio, que j'aime. Dans la nuit, appel d'un homme rencontré ce soir: "Je veux votre bouche".
Voici, public, ma vie, à nu.
Ce matin, il pleut sur Paris
Les représentations de la pièce-lecture tirée du "Masculin" continuent. C. très belle.
Il ne se passe rien dans le monde.
Retour du Nord.
Beaucoup d'amitié et un réel succès pour la soirée du 9 Novembre, avec une salle comble pour la dernière de la tournée.
Idée en vogue ces temps-ci: le racisme positif! Tour cela à propos de l'élection récente d'un éphémère gouvernant (quarante huit mois au pouvoir, bail renouvelable une fois) auquel on
laisse le soin de relever un état en ruine, dont les tours ne cessent de s'écrouler depuis sept ans.
La bêtise, obèse et replète, sévit ét séduit.
Quant à la bassesse, son fichu a glissé: elle est vraiment laide.
Il y a toute une génération qui a été fauchée par l'avortement légal comme une autre l'a été par la guerre de Quatorze.
La jeunesse actuelle, ce qu'il en reste, recelle des talents et des énergies miraculeux, parcqu'arrachés à la mort.
Mais il y a trop de vieux et les déambulateurs enchevêtrés empêchent la course vitale des jeunes corps. Il faut tout faire pour la jeunesse, tout lui remettre.
J'aurais aimé dire cela à Madame Veil, dont je n'ai vu que le chignon. Mais elle croit trop avoir fait le bien. Destin paradoxal et finalement tragique.
Au théâtre. Effroyable spectacle. Une actrice sabote le début de la pièce. Une autre salue ses copines. L'acteur nage dans cette boue et coule à pic. Même les enchainements sont ratés. Par
charité, je ne donnerai pas le nom de cette pièce. On pourrait brûler le théâtre.
Conversation dans le métro. En ai-je eu avec ces Parisiens que d'aucuns trouvent froids! Une dame noire me confie que depuis l'élection du nouveau président américain "le travail lui est plus
léger". Elle vient d'une banlieue lointaine, est cuisinière dans une école. Bons yeux et immense fatigue. Autour de nous, des bouchons de baladeur dans les oreilles, des gens lisent le même
journal gratuit qui pense à leur place.
A Saint-Louis des Invalides, concert autour de Wilfred Owen, avec les Jeunesses musicales de France. Exceptionnelle qualité de ces musiciens-enfants. Rescapés, comme Owen. Après, réception avec
les gens du Nord, que je retrouve avec joie. Nous sommes de la même résistance.
Douloureuse répétition de la pièce, hier. Désir de rupture totale. Déception. Désabusement. Ne pas être injuste, et grimacer affreusement.
Au Sénat. Déjeuner d'écrivains. Ce midi, le couvert est mis!
Je retrouve la petite fée et la belle C.
Pendant les discours, un journaliste de télévision évoque des émeutes sanglantes qui suivront la crise. Nos têtes vont-elles dodeliner au vent sur les piques dorées du Luxembourg ?
Las, nous passons à table. Le régime parait immuable. Le ballet des serveurs nous étourdit.
La belle C. me propose de fuir avec elle. Fuyons!
Irréel moment.
L'après-midi, exposition des photographies de la chère Ava, à Montmartre. Celle du rapide Chicago-Los Angelès, au passage à niveau de Flagstaff, est pour moi. Souvenir d'Arizona, lors d'une fuite
américaine, et de ce ranch où j'ai dormi, au milieu d'une horde de motards lubriques. Combien j'ai aimé ce pays, jadis. Ces longues traversées sous les étoiles à bord du "Queen Elisabeth
II" et cette envie de sauter sur les hélices, au retour, pour ne pas reprendre ma vie d'avant. Une fois, j'ai même sacrifié un costume pour me voir dans l'eau sombre. Le costume, rempli de
papiers, n'est pas allé se dechiqueter sur les hélices, il a frôlé la coque sombre et sa tâche claire s'est éloignée sur la crête des vagues. Mort lente, à voir s'éloigner le grand paquebot et le
manteau glacé de Satan sur les épaules, regretter de ne plus être passager de la vie, ces lumières au lointain.
Au môle de Cherbourg ou de Southampton, sourire aux lèvres, je retrouvais ma pauvre femme.
Soirée au Local, un théâtre de quartier à Belleville. On donne "Paroles d'étoiles, Paroles de justes", conçu par Maurice Antoni. La musique de Némirovsky, qui la joue en vif, accompagne le
récitant, émouvant et simple, parfaitement juste. Nous sommes peu. Il fallait être là.
Déjeuner dominical à Neuilly.
Neuilly, le dimanche: souvenirs d'avant, de l'avenue du Roule. Pas très gai.
J'ai écrit une lettre, cette nuit, pour l'anniversaire de mon fils aîné. Quant à l'envoyer...
Il recevra une version expurgée. J'y perdrai encore mais lui seul compte.
Pluie glacée sur Paris. Partir, pour regretter Paris...
A Montmartre, après le théâtre. Grande tablée, avec de l'amitié et du vin. Un esprit chagrin dirait amitié à vin.
La belle C... est là, en face. Et la belle C... à côté...
Moi, je suis en moi, dans mes oubliettes. Et je ris, je m'amuse.
La petite fée est partie. Tenace et fragile lueur.
Une dame de Solférino me laisse un message (je ne réponds jamais au téléphone, d'ailleurs, il a été rendu muet)
Je devrais aller voter pour Madame Royal! Simple détail: je n'ai jamais adhéré au Parti socialiste. Certes, je m'honore de l'avoir soutenue, mais en franc-tireur. Peut-être est-ce un canular ?
Ah, la belle Madame Royal, si digne de la France...
Dîner avec des messieurs en costume noir et avec chaussures bien cirées. En tous points, excellence.
Rue Saint-Dominique, à un vernissage. Puis dîner chez Adriana, à Montmartre, dans son incroyable appartement. De retour à la maison...Non, ma maison a été incendiée criminellement, il y a six ans...Bref, on me prie d'être à la Maison des polytechniciens, pour la fête de Madame Royal qui a battu la fille Delors. Dans le métro, vers le septième arrondissement. Tout le monde est gai. Je vois Sylvie qui m'embrasse. Et au beau milieu de la fête, patatras, l'éléphante brame sa victoire sur les ondes. Consternation générale. Qui va me ramener , moi ? Et je ne suis même pas socialiste! Commentaires peu amènes sur les militants du Nord qui trafiqueraient les résultats...
Pas de Madame Royale.
Ah, la democratie!
Rien ne vaut un bon livre!
Au théâtre du Nord-Ouest pour un "Avare" avec Desbeuf dans le rôle-tître. Excellent. Beaucoup d'enfants. De l'utilité absolue de ce lieu.
Dîner avec la petite fée, dans la froidure.
Je lui dis mon intention de changer.
Elle comprend, pour la première fois.
Des choses à ne pas faire, avec exemple à la clef:
Je vais revoir, au Champollion, le "Lacombe" de Malle.
Dans une émotion indescriptible, je découvre que chaque image, chaque mot a déterminé la suite de mon existence. J'avais alors une douzaine d'années. La première jeune fille aimée ressemblait à Aurore Clément. Mon rêve d'habiter une maison dans les bois...le désir de fuite, avec la certitude de la mort. Le soupçon de mon origine juive. Le refus du tutoiement, lié aux us des commissariats. Le pantalon-golf, que je me fis couper chez "Old-England"... Et le petit milicien, type physique et "moral" que je retrouverais sur mon chemin, jusqu'à récemment...
Je rampe, hors du cinématographe, rompu, anéanti. Il pleut et je n'ai, cas unique, pas de parapluie.
La nuit suivante, rêve érotique avec cette jeune femme brune qui revient toujours et je veux emmener dans une crique, probablement près d'Hossegor (où il n'y a pas plus de crique que...mais j'ai vu "Lacombe" à Hossegor!)
Enfin, je l'entraine dans une chambre à coucher, lit à baldaquin, et révélation de son corps parfait. Mais son visage demeure dans un brouillard, comme voilé. Tout est exquis, volupté,
extase...Et soudain, nous découvrons que mon meilleur ami est sous le lit! Et le visage se précise: cette femme brune, qui revient depuis des mois, est la femme de mon meilleur ami! Et ce
meilleur ami ressemble terriblement (ou ressemblait) à Lucien Lacombe! Et révélation: je suis EFFECTIVEMENT fou d'amour pour cette femme, comme je le fus...de lui!
Moralité: éviter les reprises et festivals de cinémathèque pour ne pas finir au cabanon.
Le soir, j'ai beaucoup de mal à me composer une tête à la veillée poétique donnée aux "Déchargeurs", dans la crypte hantée par Nicolas Flamel.
Je m'enfuis pour mon lit où le Diable allait me promener dans le rêve détaillé plus haut.
Mémère de Lille, comme l'écrit drôlement un de mes commentateurs, élue rue de Solférino.
A la tête de quoi ? Et avec quelle gueule!
Madame Royale défaite.
Agréable début de soirée avec Alix de Valois qui expose rue de la Pompe.
Puis tristesse.
Josué, mon aîné, a dix-sept ans cette nuit.
Qui es-tu, désormais ?
Mon fils, ne leur en déplaise.
Au Petit théâtre du bonheur, pour l'avant-dernière. Cohue "Chez Jojo". On y boit beaucoup. Grande gaîté.
L'être aimé, dans ses pudeurs chinoises, est réapparu. Il faudrait un grand courage pour oser s'aimer vraiment. Mais nous ne l'avons, ni l'un, ni l'autre.
Nous préférons les brouillards enveloppants.
Et un jour, cherchant l'autre, pour les dissiper, l'un n'aura plus de réponse, que silence cotonneux, et absence, et regrets.
Il faut se marier jeune, comme on bâcle ses devoirs.
Alors, jeudi, belle réception à la Bastille pour nos invités. Trio de dames, violoncelle et violons. Quelques amis, parmi les invités.
Je songe souvent aux enfants, aux promesses qu'ils portaient, à leur peur, à leur détresse.
Sans doute fallait-il les faire sortir de là, par la force. La force contre l'absence de justice ? C'est la violence et je ne m'y suis jamais résolu. Le camp d'en face attendait çà.
Je n'aimerais pas être à la place de certaine personne.
Il y a des nuits où l'oreiller doit grouiller de crabes noirs et pinceurs.
Beauté de la fugue.
La musique s'échappe par la fenêtre.
Et la grosse réalité, tout essouflée, n'y peut rien!
"Reviens ami, reviens etc".
Ah, Dieu, ex-pli-que!
Mes ennemis sont déchaînés ces jours-ci et un certain dénouement s'annonce.
D'humeur très gaie. La haine d'autrui me rappelle que j'existe, très exactement, précise mes contours.
Le tout est d'anticiper le camp de Compiègne.
Tout est possible en ce moment. Excepté l'amour.
Observation générale et particulière.
Beau concert avec la mère de Katharina von Saalfeld, la décoratrice du petit théâtre qui accueille le "Masculin" en ce moment, et un violoncelliste. Musique tchèque et, surtout, française.
Que serait la vie sans la musique ?
Au théâtre, tout le dimanche. "Fantasio" au Français. Au foyer, avec Edmonde Charles-Roux. Evocation de la guerre, des Fernandez. Mauriac, parrain de Dominique: "C'est comme à la S.N.C.F. il est prudent de réserver tôt! " Le mot fait rire ou grimacer.
Une dame à la voix rauque, par ailleurs bonne dans d'autres distributions, jour le rôle-tître. N'est pas Sarah Bernhardt qui veut.
A la sortie, je retrouve Valdimir-André et Anne et nous allons tous trois prendre le thé au Café de la Régence (plutôt une bière) Charmantes retrouvailles. Lui n'a aimé que les dix premières minutes, comme moi. Beaucoup d'amitié et de chaleur dans ce Paris glacé.
Les quittant, je file à la Madeleine où l'on donne "Le plaideur", avec Maître Vergès (le titre original, idiot, en franglais; ne mérite pas d'être retenu) Mais pas de places! (c'est l'avant-dernière) Bonne fortune, j'aperçois Hermine de Clermont-Tonnerre. Elle m'offre deux places. Je l'embrasse et arrive la petite fée, qui déplore la fermeture du bar et maugrée. Nous assistons à une causerie hésitante, aux anectodes archi-connues, où l'avocat ressemble parfois à un prédicateur évangéliste. Je ris dans mon écharpe mais le public est conquis! Sacré Maître Jacques, quel talent finalement. Mais c'est un non-spectacle. Et si le théâtre disparaissait au profit de ces pitreries ?
Heureux d'avoir revu la belle Hermine qui fut si délicate, à ce déjeuner au "Rêve" et me révéla sa belle âme.
Songé aussi, naturellement à la Panthère de Montmartre, aujourd'hui disparue de ma vie mais que j'ai aimée.
Hier soir, à la Défense, pour un énième coquetèle.
J'aime ce quartier, la nuit, ses lumières, son côté "musée du XXème siècle". Impression d'immense éphémérité.
Cette architecture adolescente, aux épaules tombantes, sait qu'elle ne va pas mourir vieille.
Le cher Henry est notre hôte. Il me caresse les oreilles. Si cela lui fait plaisir.
La nuit est épaisse mais j'ai ma lampe.
Aujourd'hui plus que jamais, ces lignes ne révèlent rien de moi.
("Oh, si!" murmure une dame. Murmurez, Madame)
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Photographies (de haut en bas) Bruno Quinchez, Nathalie Gorse-Sobanska et Mariusz Wirwicki, mon photographe officiel polonais.
http://membres.lycos.fr/mariuszw/
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